Amicale des Vieilles Tiges de l'Aviation Luxembourgeoise
Fléier a Pionéier vu Lëtzebuerg - A.V.T.A.L. (a.s.b.l.)
Assises Annuelles 2005: une année placée sous le signe du centième anniversaire de la Fédération Aéronautique Internationale

L’Amicale des Vieilles Tiges de l’Aviation luxembourgeoise a tenu récemment ses assises annuelles sous la présidence de M. Camille Montaigu dans le cadre de l’Airfield-Hôtel du Findel à Luxembourg, assemblée rehaussée par la présence du premier pilote de l’armée luxembourgeoise le lieutenant-colonel Henri MAAR.

Une minute de silence a été observée en hommage aux membres défunts au cours de l’exercice écoulé à savoir M. Nicolas MULLER, dit « Jeng », doyen de l’Amicale, pionnier de l’aviation luxembourgeoise, décédé lors d’un accident de la circulation à Bofferdange (Grand-Duché), à l’âge de 90 ans et de M. Norbert SCHILTZ, décédé à l’âge de 54 ans, des suites d’une longue maladie, demeurant à Alzingen. (Grand-Duché).

Placée sous le signe du 25 ème anniversaire, l’année écoulée (2004) a vu se réaliser des vœux exprimés de longue date à savoir que fût honorée la mémoire des premiers pilotes de l’histoire de l’aviation luxembourgeoise. C’est ainsi que la municipalité de Mondorf-les-Bains, berceau de l’aviation luxembourgeoise, a décidé, dans le cadre du projet d’urbanisation du Brill (domaine au cœur de la ville) de conférer aux nouvelles rues et avenues des dénomination se référant essentiellement aux thèmes des débuts de l’aviation. L’une des avenues se nommera « Les Frères Wiesenbach » en souvenir de Jacques qui a effectué en avril 1910 le premier vol, à Mondorf, à bord d’un appareil « Voisin » et de Vincent, premier pilote luxembourgeois ayant obtenu une licence de pilote en avril 1910 à Cannes. Une autre avenue portera le nom de Lou Hemmer, premier pilote professionnel luxembourgeois, père et propagateur de l’aviation générale au Grand Duché à partir de la fin des années 1920.

La commune de Mondorf a également daigné honorer un vétéran canadien de la dernière guerre, Pat Barron, ancien pilote de la RAF, citoyen d’honneur de la commune et membre d’honneur de l’Amicale des « Vieilles Tiges » de l’Aviation luxembourgeoise. Pat Barron fut grièvement blessé , au début de la seconde guerre mondiale, au-dessus de la Moselle luxembourgeoise au cours d’une patrouille de reconnaissance à bord d’un chasseur-bombardier léger « Fairey Battle ». Après la guerre il vécut 7 années à Mondorf alors qu’il était pilote dans une compagnie commerciale ayant son siège à l’aéroport de Luxembourg. Enfin, une avenue honorera la mémoire de la première aviatrice de l’histoire de l’aviation, détentrice d’un brevet de pilote : Elise De Laroche.
Voilà qui augure bien du centième anniversaire de la fondation de la Fédération Aéronautique Internationale créée le 14 octobre 1905 à Paris.
Lors de la « porte-ouverte » au Findel en septembre de l’année 2004 l’Amicale des Vieilles Tiges avait organisé une exposition sur le thème du rôle joué par la commune de Mondorf-les-Bains dans le domaine de l’aviation luxembourgeoise et internationale et des principaux acteurs qui ont contribué à faire la réputation de cette commune dans le domaine aéronautique.

Le président dans son rapport a salué les mérites et le parcours professionnel exceptionnel de Jean Roeder, rassortissant luxembourgeois, ancien Directeur du service « Technologie et Développement » d’Airbus Industrie de Toulouse et qui à plusieurs reprises, au cours de l’année écoulée, a animé les soirées amicales de l’association des Vieilles Tiges. De même a été saluée, lors de l’assemblée générale, la présence du lieutenant-colonel Henri Maar, premier pilote militaire luxembourgeois (janvier 1957) et qui lui aussi a su communiquer son enthousiasme d’ancien aviateur et rappeler maintes anecdotes qui ont éveillé bien des souvenirs à la plupart des « vieilles tiges » venu l’écouter.

Enfin, a été rappelée aussi la soirée vidéo présentée par l’adjudant John Derneden évoquant ses recherches sur les avions abattus au-dessus du territoire luxembourgeois pendant la dernière guerre et pour lesquels il a déjà consacré deux ouvrages qui font autorité dans les milieux aéronautiques internationaux.

Tirant les conclusions de son rapport le président a souligné l’excellence de la formule adoptée au sein de l’Amicale des « Vieilles Tiges » et qui consiste à se faire côtoyer au sein de l’association des membres plus âgés avec de jeunes passionnés d’aéronautique. Cette « politique » permet aux plus jeunes de profiter de l’expérience des anciens alors que ceux-ci se familiarisent avec les nouvelles données qui caractérisent l’aviation moderne. Cette complémentarité « jeunes et anciens » permet d’assurer à l’Amicale des Vieilles Tiges une pérennité que tous souhaitent.

Il a appartenu ensuite au trésorier M. Edmond Delle de présenter le bilan financier qui révèle une situation très saine.

Le président sortant a été réélu dans ses fonctions. Les autres membres du conseil d’administration sont : Hubert Bleser ; Edmond Dell ; Armand Dhur ; Achille Faber ; Alain Langguth ; Edmond Majerus ; Oreste Planca et Pascal Rodesch.
Réviseurs de caisse : Jos Faber et Georges Glesener.



L’A.V.T.A.L. aujourd’hui

Forte de 140 membres l’Amicale des Vieilles Tiges de l’Aviation luxembourgeoise (AVTAL), présidée par Camille Montaigu depuis 1995, est une association affiliée à la Fédération Aéronautique luxembourgeoise et comme telle fait partie de la grande famille de l’aviation du Grand-Duché de Luxembourg.

Fondée le 9 janvier 1979 sur initiative de Lou HEMMER, premier président, l’Amicale des Vieilles Tiges représente aujourd’hui l’un des maillons dans le concert des activités respectivement dévolues à chaque branche aéronautique. Ainsi l’AVTAL s’est donné comme but d’établir un lien entre pilotes privés et professionnels actifs et anciens pilotes d’avion. L’Amicale compte également des mécaniciens d’avion, des contrôleurs aériens ou encore des passionnés d’aviation qui n’ont peut-être jamais tenu un manche d’aéroplane mais qui toute leur vie en avaient rêvé et qui pour des raisons diverses n’avaient pu accéder à ce bonheur. Ces derniers l’ont trouvé dans l’aéromodélisme, le parachutisme ou tout simplement en dévorant des ouvrages sur l’aéronautique. Ces gens là sont de véritables encyclopédies vivantes et sont souvent les principaux animateurs des soirées mensuelles de discussions organisées par l’Amicale des Vieilles Tiges. Maintenir vivante la mémoire des pionniers et des anciens de l’aviation et surtout s’adonner à la recherche historique de l’aéronautique luxembourgeoise sont l’une des préoccupations permanentes des V.T. sans oublier le soutien moral et matériel à de jeunes pilotes à la recherche de performances dans le domaine aéronautique.

Concernant la recherche historique l’Amicale a à son actif d’importantes contributions et notamment celle d’avoir redonné vie au premier pilote luxembourgeois dont on avait oublié jusqu’à son nom, à savoir Vincent WIESENBACH né à Diekirch en 1880. Il fut le premier luxembourgeois à être titulaire d’un brevet de pilote obtenu à Cannes en mars 1910. Sa licence porte le numéro 51 dans la nomenclature de l’Aéro-Club de France qui avait institué le brevet de pilote le 9 janvier 1909. En 1908 et 1909 Vincent WIESENBACH avait travaillé comme mécanicien avec les Frères WRIGHT au Mans (France) ceux-là mêmes qui ont réalisé le premier vol contrôlé dont on a célébré en 2003 le centième anniversaire.

Vincent WIESENBACH est allé ensuite en Autriche dispenser ses connaissances pour devenir l’un des pionniers de l’aéronautique autrichienne. C’est à Wiener-Neustadt qu’il est mort aux commandes d’un avion de sa construction le 11 juin 1911. L’Amicale des Vieilles Tiges a retrouvé sa tombe. Elle a été restaurée en 2000 grâce à l’aide financière du Ministère des Affaires Culturelles (Sites et Monuments) et de la Fédération Aéronautique. Elle est régulièrement fleurie et entretenue par un passionné autrichien d’aviation, Monsieur Wernfried Haberfellner.

Par ailleurs, à partir de 1995, l’Amicale des Vieilles Tiges, avec l’appui déterminant de la Fédération Aéronautique, a tout mis en oeuvre pour éviter que ne soit abattu le “ petit hangar ” de l’aéroport du Findel d’une capacité, à cette époque d’une quinzaine d’appareils.Non seulement le hangar en question fut sauvegardé mais encore devait-il subir d’importants travaux de restauration. Ce qui a été obtenu grâce au ministre des Transports de l’époque Mme Mady Delvaux-Stehres

L’Amicale des V.T. avait souhaité que le hangar en question abritât en priorité les avions de collection. Cette clause n’a joué que pour les avions du Piper-Club qui conserve notamment le dernier appareil utilisé par l’armée luxembourgeoise.

L’idée d’un musée aéronautique hors périmètre de l’aéroport a été relancée par Jean Ries, vice-président de la Fédération Aéronautique, président de l’Association pour le maintien du patrimoine aéronautique et membre des Vieilles Tiges. Entouré d’une équipe d’enthousiastes, ainsi que d’une secrétaire, une professionnelle “ ès-musée ”, Jean Ries a déjà réuni, dans un hangar, extérieur au Findel, mis à disposition par un pilote, des centaines d’objets qui un jour pourront être exposés dans un vrai musée pour autant que l’Etat ou tout autre institution publique ou privée fassent des offres allant dans ce sens. La municipalité de Mondorf-les-Bains, ville reconnue comme étant le berceau de l’aviation luxembourgeoise, a déjà fait des offres en cette direction.

L’Amicale des Vieilles Tiges met l’accent surtout sur le volet “ mémoire ” qu’est la recherche historique. Là aussi, pour l’instant il s’agit essentiellement d’une accumulation de documents relatifs aux débuts de l’aviation au Grand-Duché et d’interviews d’authentiques pionniers de l’aviation luxembourgeoise dont certains ont atteint l’âge vénérable de 90 ans et plus et qui bien entendu non seulement sont membres de l’Amicale des V.T. mais participent, plusieurs fois par an à l’une ou l’autre des réunions mensuelles ou autres manifestations.

Le stock d’archives devra se traduire bientôt dans des ouvrages sous forme de plaquettes pour un jour réaliser une oeuvre plus ambitieuse. La matière est déjà là en grande partie. Il s’agit maintenant de mettre en forme et trouver les moyens financiers pour finaliser ces projets.

L’Amicale des V.T. a déjà réalisé plusieurs expositions relatives à l’histoire de l’aviation luxembourgeoise et notamment au Casino 2000 de Mondorf-les-Bains en 1995 et à la Foire Internationale à Luxembourg. De tels projets restent une préoccupation permanente de l’Amicale.

Enfin, il ne faudrait pas oublier le rôle éminemment social que remplit l’Amicale des Vieilles Tiges. Son siège se situe hors enceinte de l’aéroport mais tout près de l’ancienne aérogare, à l’Airfield-Hôtel. Ceci permet donc de voir se réunir sous un même toit, lors des rencontres programmées, jeunes et moins jeunes appartenant à l’une ou l’autre des nombreuses branches des activités aéronautiques du Grand-Duché, des personnes de nationalités différentes. Tous et toutes (il y a également des dames qui sont membres effectifs de l’Amicale) sont habités par une passion commune: l’avion et le ciel sous toutes leurs formes. Pour les uns c’est la nostalgie d’une époque révolue, pour d’autres le bonheur de pouvoir encore s’envoyer en l’air parce que toujours détenteurs d’une licence de pilote. Inutile de préciser que les rencontres mensuelles de l’Amicale des Vieilles Tiges sont non seulement assidûment suivies mais il résulte de ce brassage d’idées et de souvenirs des acquis réciproques entre jeunes et moins jeunes.

L’Amicale des Vieilles Tiges de l’Aviation luxembourgeoise représente un forum où “ l’ancien ” et le « nouveau » communiquent et s’enrichissement mutuellement de l’expérience des uns et de l’enthousiasme et des nouvelles connaissances des autres. Tous en profitent.

Partout il y a du bonheur à prendre dans ce merveilleux jardin de l’aéronautique. Le propre de chacun est d’y cueillir sa fleur pour finalement arriver, peut-être, à en faire un bouquet coloré et en répandre le doux parfum.

Camille Montaigu



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